Se connecter

Mot de passe oublié ?

Ado au pays du porno

23 mai 2006
Le X était tabou. Désormais, il est partout. Il était inaccessible. Il est désormais omniprésent. S'il est toujours étiqueté « Interdit aux moins de 18 ans », il n'est pas, dans les faits, réservé aux chambres « majeures et vaccinées », aux rayons des sex-shops, aux chaînes cryptées ou aux troisièmes parties de soirée. La télé, qui s'invite les salons, fait constamment de la pub, l'air de rien ou sans vergogne, au porno. L'ado est dans sa cible ? Ce n'est pas sans danger !
La télé, qui est contrôlée par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, ne peut pas faire de l'ado le public cible de la pornographie. Mais tu es tout de même dans la cible puisque les émissions « tous public » mettent de plus en plus en avant le X : La Méthode Cauet adore recevoir Clara Morgane & Cie ; Marc-Olivier Fogiel invite Rocco Siffredi - le hardeur célèbre pour sa taille... -, un dimanche soir, en prime time, au milieu de stars - dont Valérie Lemercier (d'accord, elle a réalisé Le derrière, mais le film est au rayon comédie) - qui l'auréolent de leur statut ; sur MCM, la même émission peut nous emmener dans les coulisses du Roi Soleil et dans la cabine d'essayage d'une hardeuse qui fait du lèche-vitrines avant son show... ; dans la Loft Story de M6, les ébats aquatiques de Loana se déroulent sous l'œil des caméras.

La télé n'est pas la seule à diffuser le porno. Les magazines, avec ses articles sur les sex-toys et ses publicités « porno chic », font du sexe une tendance. L'ado est dit accro au porno, mais il ne faut pas oublier que la société est son dealer ! Le X est banalisé, mais au pays du porno, les ados - même s'ils sont de plus en plus nombreux à visionner des vidéos à caractère pornographique sur Internet, le câble, le satellite, etc. - ne sont pas au pays des merveilles ; mais ils sont, perdus en pays étranger - et dans un langage qui n'est pas le leur - proches d'Alice. Dans une classe de sixième, d'après une enquête menée par Denise Stagnara, 60 % des garçons et 30 % des filles ont déjà visionné un film X. Avec l'âge, le pourcentage s'accroît, et la fréquence de visionnage peut suivre la même progression. Au final, un tiers des mecs mineurs materaient un porno régulièrement. Blanches fesses et les sept mains amuserait les gars et dégoûterait les nanas ?

Filles et garçons portent en fait un double regard sur ces films : les garçons sont attirés, mais reconnaissent une attitude irrespectueuse envers femmes ; les filles sont choquées par la représentation de la femme - devenue un objet sexuel soumis -, mais voient les scènes sexuelles comme des actes satisfaisants. Le porno met donc dans une position inconfortable. Pour se débarrasser de la double vision gênante, certains distinguent le sexuel de l'affectif et mettent les actrices X dans la catégorie des filles faciles qui veulent être traitées en conséquence. Le viol collectif, par exemple, perd alors toute sa dimension immorale et répréhensible. Une fan de Rihanna ou de Paris Hilton peut, en jupe mini riquiqui et décolleté plongeant, passer pour une fille facile, alors qu'elle veut seulement suivre, sans arrières-pensées sexuelles, les conseils mode de son modèle. Les ados accros au porno, malgré leur vision faussée, ne vont pas systématiquement sauter sur la groupie de Paris. Rien, à part des corrélations statistiques, ne prouve le lien entre la banalisation de la pornographie et la médiatisation croissante des crimes sexuels, des viols et des tournantes. Le visionnage de films X accroît les conduites à risques ? La relation de cause à effet est, après tout, peut-être inverse. Pourquoi l'alcool ou la violence ne pourraient-ils pas appeller le porno ? Avec le porno, l'éternelle question jamais résolue par les sociologues se pose à nouveau : les médias sont-ils le reflet de la société ou la société est-elle le reflet des médias ? Dans le premier cas, le porno ne peut être tenu responsable des actes criminels commis. La reproduction des tournantes vues dans les films X ne concerne, d'après les spécialistes, que des personnalités de nature perverse (les pornos ne sont pas les seuls à être accusés de mauvaise influence : Scream a aussi été lié à un crime, mais il ne pouvait influencer que les déséquilibrés révélés ou latents).

Le porno n'est pas le reflet de la réalité, mais les histoires d'abeilles, de roses, de choux et de petite graine ne le sont pas n'ont plus. La pornographie peut réduire l'acte sexuel à une pure performance physique et provoquer des blocages ou la crainte de ne pas se sentir à la hauteur, mais, si l'on prend conscience que les choses ne se déroulent pas exactement comme dans les films X, elle peut aussi avoir un aspect positif : elle met en avant la liberté sexuelle. Obsédé ou frustré ? Mater Histoire d'O ne te fera pas forcément rentrer dans l'une ou l'autre de ces catégories. Le porno reste, pour des raisons tout à fait valables, interdit aux moins de 18 ans. Personne ne le conseille avant. Mais si tu en regardes de temps en temps, seul(e) ou avec des potes, tu n'as pas à culpabiliser outre mesure (même si, avec le Da Vinci Code, la flagellation est à la mode). Le tout, c'est de faire la part des choses. Et n'oublie pas que dans l'expression "faire l'amour", il y a le mot "amour" : dans la vie, la sexualité est liée à l'affectif, aux sentiments. Et si tu ne veux pas, malgré les incitations des copains, regarder un porno, tu n'as pas non plus à avoir honte : personne n'a à t'imposer ce genre d'images.

Crédit photo : © Be&w/Oredia

En savoir plus avec Doctissimo :
- Les ados et le porno

Par Hélène Baratte |
  dernière mise à jour : 23 mai 2006

Vos commentaires sur Ado au pays du porno

Pseudo * :
E-mail :
Votre commentaire *
Crypto * :
* champs obligatoires
coulwith
Il y a 1 an 4 moisSignaler ce commentaire
jadore les jeu coquin
NRJ83
Il y a 1 an 8 moisSignaler ce commentaire
UN PLAN q SUR HY7RES 83 ??
drapsag
Il y a 2 ans 3 moisSignaler ce commentaire
Ecrivez votre commentaire !
patrick
Il y a 2 ans 10 moisSignaler ce commentaire
cc

OK
Restez connectés avec Ados
Facebook Twitter RSS
Newsletter
Mentions légales - Contactez-nous